Uruad – Les secrets de Babylone – Le Télégramme

La guerre en Irak, que certains qualifient de bourbier équivalant à celui du Vietnam, inspire les scénaristes d’Hollywood et les auteurs de romans.
Diplômé de Supélec, Jean-Christophe Issartier renouvelle le genre. Il faut dire que l’homme connaît bien le sujet pour avoir parcouru le monde pour de grandes entreprises du secteur de l’énergie. Ce récit, érudit, d’un homme familier des secrets de l’ancienne Babylone, oscille donc entre le thriller théologique et archéologique.
La question est posée dès le début du roman : les Américains ont-ils envahi l’Irak pour protéger un secret qui peut changer la face du monde ? Sur le sol de l’antique civilisation de Sumer, les archéologues irakiens sont en charge de fouilles sur le site d’Uruad pour le compte de la communauté européenne. Leurs résultats sont édifiants : c’est pourquoi ils demandent l’appui d’experts basés à Paris. Mais la guerre éclate… Le 19 mars 2003, l’armée américaine entre en effet en Irak.
Commence alors, dissimulée par les bruits du conflit, une vaste entreprise de destruction des vestiges sumériens. Les sites de royaumes plus tardifs ne sont pas épargnés : à Babylone, les troupes de la coalition bivouaquent et les blindés détruisent des dallages vieux de 2.600 ans. Les musées de chaque ville conquise sont immédiatement pillés. Le point culminant des dévastations est atteint avec la mise à sac du musée national de Bagdad, le 11 avril, et la disparition de témoignages inestimables du passé, dont quelques milliers de tablettes d’écriture cunéiforme non encore déchiffrées, ainsi que des pièces uniques de Sumer, des IV e et III e millénaires avant Jésus-Christ.
Les archéologues irakiens disparaissent mystérieusement, le site d’Uruad est détruit lors d’un bombardement… Erreur de cible ou volonté d’ensevelir à jamais Uruad et ses secrets ? Hasards d’une guerre ou volonté délibérée de faire disparaître la plus ancienne civilisation à nous avoir livré une histoire grâce à la première écriture connue ? Dommages collatéraux ou effacement méthodique des preuves les plus incroyables de la survivance de Sumer au cœur des mythes fondateurs de l’Occident et de son histoire présente ? Et pourquoi un officier américain a-t-il pour mission d’exécuter impitoyablement ceux qui approchent certaines sépultures ?
C’est ce que William Fischer, sumérologue anglais, dépêché sur place, découvrira au bout d’une aventure vertigineuse qui le conduira au cœur de nos mythes originels et de nos concepts religieux…

Le Télégramme

Aribo – Chronique

loys et matéo au divan du monde

Loys et Matéo au divan du monde en 2010

Loÿs et Matéo au Divan du Monde en 2010Vous savez, parfois, vous mangez un morceau dans un bar ou vous prenez un verre avec des amis, ou encore vous savez qu’il y a un concert ce soir dans une salle et vous êtes passé à tout hasard. Ou bien, l’un des musiciens est un ami, alors vous êtes là, portant alternativement à votre bouche le goulot d’une bouteille, le cul d’une cigarette, une demi cacahuète graisseuse, pour patienter paresseusement. Puis il y aura ce groupe qui s’installera, entamera ses titres. Souvent ils joueront bien, c’est la moindre des choses, il y aura de ci de là un ou deux trucs qui vous séduiront dans les textes. Vous applaudirez poliment, il pourra y avoir un semblant d’enthousiasme. Vous féliciterez votre pote en prenant une bière avec lui, une fois la musique tue. C’est pas mal, oui, vous trouverez ça pas mal, vous aurez passé une bonne soirée, et vous rentrerez chez vous et vous oublierez tout ça.

Mais si par malheur les inconnus (plus pour longtemps) qui se présentent devant vous sont le chaman et le diable de l’hydre à deux têtes Aribo, apprêtez vous à avaler de travers, à laisser refroidir les plats, et à ouvrir grand yeux et oreilles pour rejoindre le cortège de joyeux damnés qui défile au gré des histoires proposées, pour vous laisser transporter au cœur des univers poétiques où les puissantes évocations sonores, vocales et musicales vous conduiront.

Ce n’est pas un conseil que je vous donne, c’est la description de ce qui vous arrivera malgré vous : vous serez happés. Vous aurez beau vous accrocher à la table, la nappe glissera brutalement, les verres voleront, les cendriers éclateront sur le sol et tout sera emporté et vous avec.

J’en ai vu des visages rieurs, préoccupés d’eux mêmes, en pleine danse du ventre devant leur proie consentante, des bons vivants, bâfrant comme des tigres du Bengale, s’abreuvant à des choppes énormes, des blasés de la scène musicale, des fanatiques de tel ou tel genre – cochon qui s’en dédit, j’en ai vu de ces sourires qui se figent soudain, de ces bouches qui s’ouvrent, de ces conversations qui s’arrêtent, de ces têtes qui se tournent, stupéfaites, vers les deux gars qui d’un coup d’intro (Bonsoir, c’est Aribo !) suivi de « Sunday sunshine » viennent de frapper fort au creux des estomacs, empoignant les tripes à pleines mains pour ne plus les lâcher. Il faut dire que jusqu’à ce moment, le public n’avait jamais entendu ça. D’où est-ce que ça peut bien sortir ? Comme souvent lorsqu’ils s’agit d’artistes d’exception, il n’y a pas de genre dans lequel classer cela, c’est Aribo.

Deux jeunes hommes ont rejoint d’un pas nonchalant la scène confortable ou l’étroit réduit où l’on sait que doit se produire un groupe, et vous les avez à peine remarqué. Du coin de l’œil peut-être aurez vous perçu que l’un sourit perpétuellement, que l’autre tourne et vire comme un lion en cage.

Et tout d’un coup résonne dans vos êtres, des réminiscences d’invocations tribales, de dépression chronique, de balades médiévales, de souffrance incompréhensible, de sensualité orientale et d’une nuit au poste ; et sous la peau vibre l’héritage millénaire de sorciers archaïques, de guerriers-chasseurs et celui des poètes malades d’avoir trop bien percés à jour leurs semblables.

Avec les premiers mots de Loys, le chaman, scandés librement, hachés menus ou tendrement murmurés, se lèvent les ancêtres, les pendus et les spectres, et l’indolence en nous fait brutalement place à la pleine conscience de l’essence de la vie, de la terre et du ciel, de l’amour d’une femme et du grain de sable, du recommencement, de la grandeur et de la chute. On a envie d’être sérieux, ça grince et ça remue de sales quarts d’heure dans des coins de mémoire, mais les mots sont trop beaux et les cassures de rythmes, les solos, les rifs du diable Matéo finissent par nous remplir d’une joie contre-nature.

Transcender l’éternelle souffrance engendrée par la vie incurable, à l’issue certaine, voilà le tour de force. A entendre Aribo, on pourrait penser que ces tout jeunes hommes émergent d’un long chemin spirituel. Un chemin tout proche de l’Eveil, ou joie et tristesse se fondent en pure exaltation.

Loys et Matéo ne veulent pas être, ils sont. Ils ne jouent pas, ils incarnent. Aucun effet, pas d’artifice, pas de clin d’œil, références invisibles. Tout chez Aribo a la beauté du minerai brut, d’une cascade d’eau glacée sur la rocaille, d’une toile de lin blanc séchant au soleil, du bruit des os qui cassent sous les dents d’une harde de félins, d’une coulée de lave incandescente, d’une source chaude des haut-fonds, du son de la viande que des rapaces déchirent, du baiser d’une mère à son enfant, d’une « petite goutte » de sang coulant le long d’une joue blanche.

Cette simplicité, cette pleine présence au cœur de l’essentiel – nullement le fruit d’une recherche mais celui de la Grâce, se retrouve dans les titres : Le mur, Petite goutte, La lune, Quarante années, Je dors tranquille, Le petit cheval, Dieu, Danse avec moi, Sunday sunshine, On est tous des cons, Rouge, Supa Sta, Les innocents ont les mains sales, Le Shetan, Les marionnettes, La police, Cœur naïf, Petite blonde, Sur la route, Les ambulances. Je suis sûr que ces deux-là se passeraient volontiers des titres. Tout dans leur musique révèle leur liberté absolue par rapport aux conventions rythmiques, aux carcans des genres, aux us de présentation. Matéo, compositeur hors du commun, excellent guitariste, est un animal sensuel qui fait tout à l’instinct. Loys, auteur-compositeur, est un poète. Je m’arrête sur ce mot, pour qu’il pèse bien son poids : poète. Comme il y en a très peu. De ceux qui ont traversé la glace pour atteindre « par delà le Bien et le Mal » les champs sacrés où bat le pouls du cosmos. Ce chanteur cherche à vous toucher au plus profond, en utilisant une scansion très particulière, accélérant, stoppant net, frappant coup par coup, quittant la ligne musicale pour la rejoindre en un accord dissonant à dessein. Les mélodies sont recherchées, rarement dans les accords majeurs, elles sont belles et nobles. Les paroles sont un régal : « quand je vois vos bonheurs, je salive » (Quarante années), « et moi je dors – tranquille – à l’envers du décor, caché – au pied – de ma croix de bois » (Je dors tranquille), « vos voix je ne les entends pas, vos rois je les distingue pas », « un paquet de laquais – en kaki dans l’maquis, un paquet de laquais – en train de laquer – leur fusil » (La lune)… La chanson du Shetan est diabolique, Danse avec moi, souvent jouée en fin de concert, vous transportera au cœur d’une cérémonie chamanique, d’une transe vaudou, autour d’un totem iroquois, ou d’un feu de pirates, l’évocation est assez vaste pour que vous choisissiez vous-même tribu et forêt. Sunday sunshine est recommandée aux suicidaires, à condition qu’ils restent pour écouter les titres suivants.

Je vous préviens, lorsqu’il se dressera devant vous, armé du chant des sirènes de Matéo, ce ne sera pas seulement pour vous faire passer un agréable moment, ce sera pour vous retourner.

Il y a chez Aribo noirceur gaie, compassion, rage transcendée, dérision, fusionnant en une vraie exaltation dont je parie qu’elle vous emportera. Il y a ce que l’on ressent à la lecture de certain texte de Rimbaud, devant certain paysage au détour d’un col, à l’écoute de certain chant de Brel, ou des longues trompes d’or des moines de Lhassa : un peu de cette pulsation de l’Univers, inhumaine et éternelle, qui nous traverse tous.

J’ai compris ce qui d’emblée chez eux, m’a paru exceptionnel. Les Aribo sont l’une des quelques rares antennes par lesquelles passent ces battements cosmiques, limpides, pour se résoudre dans un grand éclair d’énergie, aux effets bénéfiques et durables sur votre santé.

Jean-Christophe Issartier, 2006

Uruad – Presse

« … un étonnant premier roman, un thriller archéologique érudit et bien ficelé … Et la magie opère … A se demander si le pillage du musée de Bagdad n’a pas été inventé pour servir les intérêts des conquistadors. Un audacieux voyage dans nos mythes. »
LE POINT, Olivier WEBER.

« …Uruad est l’objet d’une lecture passionnante et le talent d’écrivain de l’auteur est à la hauteur de son érudition… »
FRANCE CULTURE

« … mêle l’actualité de notre siècle et une fantasy biblique dont je ne dévoilerai pas le contenu… Et cela donne sujets à discussions passionnantes ! Un grand livre de SF ! Bravo à lui ! »
Science Fiction Magazine, Alain PELOSATO

« La guerre en Irak inspire les scénaristes d’Hollywood et les auteurs de romans. Jean-Christophe Issartier renouvelle le genre… une aventure vertigineuse qui conduira au cœur de nos mythes originels et de nos concepts religieux. »
LE TELEGRAMME

« … Uruad est un thriller haletant, dans lequel les héros semblent lutter contre des forces qui les dépassent. … Les avancées actuelles de la science ne rendent-elles pas tout à fait accessible à l’homme des actes réservés aux dieux dans les mythes antiques ?… »
STARGATE Magazine n°11

« … happé à la fois par l’intrigue mais également par son univers historique. Roman à lire absolument. Merci pour ce beau voyage. »
Mohamed RAZANE, écrivain, président du collectif « Qui fait la France »

« Si le but de l’auteur était de démontrer son savoir, son pari est réussi. »
Jury du Prix du roman Jeunesse – CRILJ